14.05.2009

Seule un grand ensemble peut peser sur les affaires du monde"

b3.jpg.jpegLe Président du Mouvement Démocrate est interrogé jeudi 14 mai par le quotidien gratuit "20 Minutes". François Bayrou est revenu sur les conventions thématiques européennes du Mouvement Démocrate, ainsi que sur les enjeux des élections européennes du 7 juin prochain.


Le MoDem a organisé plusieurs conventions thématiques. La prochaine porte sur le modèle européen. Quel est le vôtre ?

François Bayrou : L’Europe doit défendre un projet de société fondé sur des valeurs humanistes, un pacte social. Dans une crise comme celle que nous traversons, un pays seul ne peut rien. Les gens l’ont compris récemment: seule la voix d’un grand ensemble peut peser sur les affaires du monde.

Pourtant, l’Europe et son organisation restent incompréhensibles pour une majorité de Français…

C’est tout le problème. Alors, nous proposons deux idées simples qui ne coûtent pas un euro. Aucune décision ne devrait être prise sans être annoncée par voie de presse trois mois avant, de sorte que les gens puissent saisir leurs élus, associations ou syndicats. Et les délibérations devraient être filmées et diffusées sur Internet ou à la télévision. Ainsi, les gouvernements français ne pourraient plus dire que c’est la faute de Bruxelles, alors qu’ils ont donné leur aval.

Cela suffirait à rapprocher les Français de l’Europe ?

Cela permettrait de leur montrer que l’Europe, c’est leur affaire, qu’ils sont en même temps citoyens français et européens. Un quart de nos lois, et non les trois quarts comme on le dit souvent, en dépendent. Il faut donc que les citoyens puissent se faire entendre.

Quelle est l’Europe dont vous rêvez ?

Il faut une avant-garde, constituée par les pays de la zone euro, capable de jouer un rôle dans les crises, d’établir des lois pour freiner la folie financière actuelle. Sinon, toutes les décisions seront prises dans un tête-à-tête entre la Chine et les Etats-Unis. On s’est trompé en faisant passer l’élargissement avant l’approfondissement. Pour moi, l’Europe n’est pas affaire d’experts, mais de citoyens. Elle doit s’occuper des grandes choses: la paix et la guerre, l’équilibre de la planète, l’eau, la pauvreté en Afrique, et moins des normes sur les aliments, les tondeuses à gazon ou les ascenseurs, que je préférerais voir confier à un organisme indépendant.

Pourquoi n’êtes-vous pas candidat à ce scrutin ? Pour être disponible pour la présidentielle en 2012 ?

J’ai siégé plusieurs années à Strasbourg. Mais aujourd’hui, l’essentiel du combat, y compris européen, se joue en France. Notre pays porte le seul modèle dans le monde capable de s’opposer à la société des inégalités. Je suis à mon poste de combat. Certains partis considèrent que Strasbourg est une voie de garage pour ministres hors-jeu. Pas nous. Notre équipe, avec des personnalités comme Jean-François Kahn, Marielle de Sarnez, Corinne Lepage ou Robert Rochefort, a le poids nécessaire pour jouer un grand rôle en Europe.

Vous avez été député européen de 1999 à 2002. Quel souvenir en gardez-vous ?

J’ai été un eurodéputé heureux. C’est un univers moins batailleur que l’Assemblée Nationale française. Là-bas, on est obligé d’écouter les autres. J’ai découvert que ce Parlement se bat vraiment pour les libertés et pour le respect du droit. Et qu’il y a des nuances entre pays: en France, les libéraux sont à droite, en Europe au centre-gauche. Et les socialistes français et européens ne sont pas du tout sur la même ligne!

À travers cette campagne, quel est votre objectif: l’Europe ou 2012 ?

Mon objectif est de faire naître un équilibre nouveau dans la politique française, et de faire élire de bons députés européens, porteurs d’une vision.

François Bayrou : "La maison France se porte mal"

Invité mercredi 13 mai de l'émission "Questions d'info" sur LCP, France Info et AFP, le Président du Mouvement Démocrate a estimé mercredi que "la maison France se porte mal", en expliquant que "tous les grands secteurs" comme l'université, la justice ou l'hôpital étaient "en déshérence à cause des choix du pouvoir".

François Bayrou a critiqué la loi sur l'autonomie des universités, "une loi votée à la va-vite qu'il faudra refaire". Pour lui, avec cette loi, "on a heurté l'université française dans ses fondements"


portrait-fb-excoute.jpg"Le désespoir est immense dans l'université française, c'est d'ailleurs la même chose à l'hôpital, ou dans la justice. Tous les grands secteurs, où la République montrait ce qu'elle était, sont en déshérence à cause des choix du pouvoir", a-t-il ajouté.

Jugeant que "la maison France se porte mal", François Bayrou a fait valoir que "ce qu'il y avait de plus précieux dans le projet que nous, les Français, avons partagé depuis des décennies, est compromis et en situation malade".

François Bayrou a également vu dans le projet de loi de réforme de l'hôpital, en examen au Sénat actuellement, un exemple des droits du Parlement "bafoués", et estimé qu'il était contraire à la Constitution.

"Tous les jours, les droits du Parlement sont bafoués", a déclaré le président du MoDem. Faisant valoir que ce projet de loi, déjà adopté par l'Assemblée nationale, portait "violemment atteinte aux équilibres majeurs que les Français veulent dans leur hôpital", François Bayrou a ironisé sur le changement de pied du gouvernement qui va largement amender le texte au Sénat.

Face à "une situation de rejet, du coup, on change tout. Qui change tout ? Le président de la République qui se met à la place du gouvernement (qui) une nouvelle fois est complètement mis sur la touche", a-t-il poursuivi. "Quelle concertation !, quel mépris pour le Parlement ! Quelle source d'anticonstitutionnalité !", s'est exclamé le président du Mouvement Démocrate.

François Bayrou a expliqué que le problème constitutionnel portait sur le fait que ce texte examiné en urgence (une lecture par assemblée) serait remanié totalement par le gouvernement sans que les députés en aient connaissance.

"J'espère, a-t-il dit, que le Conseil constitutionnel rappellera qu'il y a une atteinte grave au principe même d'un Parlement responsable".

La Grande Interview #1 > Partie 10 : Pour ou contre

bayrou10.jpgMai 2009, siège du Modem, François Bayrou répond à une longue interview pour lesdemocrates.fr

Cette dernière séquence de la première partie se décline en un “Pour ou contre” rythmé, reprenant plusieurs des questions ayant recueillies le plus de votes sur lesdemocrates.fr

On y apprend que le président du MoDem considère qu’il est parfois nécessaire de nationaliser des banques, qu’il est pour la suppression du bouclier fiscal mais qu’il reste sceptique sur la mise en place d’une TVA sociale. Il se prononce également pour la prise en compte du vote blanc.

La deuxième partie sur de ce grand entretien sera tournée très prochainement et sera centrée sur les questions économiques et internationales.

La Grande Interview #1 > Partie 9 : Messages aux militants

bayrou9.jpgMai 2009, siège du Modem, François Bayrou répond à une longue interview pour lesdemocrates.fr

Aux militants qui posent la question des actions à mener en vue des élections européennes, le président du mouvement démocrate répond qu’il attend d’eux “un engagement solidaire pour aller déployer l’énergie vers l’extérieur”. Il considère en effet que “toute énergie dépensée en querelles internes c’est de l’énergie perdue”.

François Bayrou envisage les militants du MoDem comme un “commando de changement de la France”, qui doit faire preuve de solidarité et démultiplier le message du parti. Les adhérents et sympathisants sont aussi encouragés à faire remonter des idées vers la direction, notamment au travers du média social lesdemocrates.fr

Sur la question de savoir ce qu’il ferait si il arrivait demain à l’Elysée, François Bayrou répond qu’il se mettrait au travail, car c’est sur le long terme que les choses changent.

La Grande Interview #1 > Partie 8 : Le projet européen du MoDem

bayrou8.jpgMai 2009, siège du Modem, François Bayrou répond à une longue interview pour lesdemocrates.fr

Dans cette séquence, il expose le projet européen du MoDem. Enjeu fondamental pour le mouvement démocrate, l’Europe est pensée comme une “voie d’accès à l’universel”, par laquelle il faut passer pour régler les grands problèmes qui touchent la planète.

Si tel est le cas, il faut qu’elle devienne démocratique et compréhensible par les citoyens et leur expliquer que l’EuropeI est le protecteur des diversités. L’Union Européenne ne peut dans cette optique plus être construite uniquement autour de l’économie.

Le président du MoDem déplore également le manque d’informations sur l’Europe. Pour y remédier, il propose qu’aucune décision ne soit prise si les citoyens n’ont pas été informés au moins trois mois à l’avance et que ces décisions soient filmées et publiées sur Internet. De cette manière, l’Europe ne pourrait plus être désignée comme bouc-émissaire.

François Bayrou tient également à ce que les pays de la zone euro constituent une avant-garde permettant de formuler des propositions économiques gloables.

Les problèmes les plus importants n’étant jamais ceux dont on tient compte médiatiquement, il faut également que l’Europe devienne une institution dans laquelle “les plans à dix ans” prennent toute leur place : elle se doit de fixer des buts, des engagements chiffrés, par exemple en matière de protection de l’environnement.

Si l’Europe doit jouer un vrai rôle, il faut enfin qu’elle ait un vrai budget et donc qu’il existe une forme d’harmonisation fiscale, qui passe par la lutte contre les paradis fiscaux.

Une question importante sur le groupe parlementaire des futurs eurodéputés permet à François Bayrou de préciser que le MoDem n’est pas un mouvement ultralibéral, et qu’il a toujours défendu les services publics au niveau européen.

Enfin, il réitère la proposition de ne pas reconduire le président de la Commission, considérant Manuel Barroso comme trop libéral.