24.08.2009

Ateliers d'été de "L'Espoir à gauche" : intervention de Marielle de Sarnez

sarnez-0709-1.jpgMarielle de Sarnez, Vice-Présidente du Mouvement Démocrate et Députée

européenne s’est exprimée, samedi 22 août 2009, à Marseille. (Seul le prononcé fait foi)

Vous m’avez invitée. J’y ai été très sensible. J’ai accepté votre invitation, je veux vous

dire pourquoi.

Des histoires, une même inquiétude pour notre pays.

Nous venons d’horizons divers. Nous exprimons des histoires, des idées qui peuvent être différentes. Nos parcours, nos itinéraires respectifs, nos chemins ne sont pas les mêmes. Et c’est heureux. Nos émotions, nos indignations, nos priorités, notre appréhension du monde ne sont pas toujours les mêmes non plus. Et c’est tant mieux. Nous venons d’horizons divers mais nous partageons la même inquiétude pour notre pays.

Et nous portons, je le crois, pour l’essentiel, le même jugement sur le pouvoir en place.

Nous n’aimons ni sa façon de faire, ni sa façon d’être. Nous n’acceptons pas qu’il fragilise certains des piliers de notre république, alors qu’il nous faudrait au contraire les renforcer dans les temps de délitement et de perte de repères que nous vivons. Tout ce qui permet de construire un pays : une éducation de qualité, respectée, soutenue ; une recherche de pointe, qu’elle soit fondamentale ou appliquée ; un système de santé dont chacun soit sûr, patients et médecins, et personnels de soin ; une justice équitable ; des forces de l’ordre républicaines sereines parce qu’assurées de leur mission, de leurs moyens et de leurs règles ; une société d’intégration active ; tout cela est aujourd’hui fragilisé, déstabilisé, sans perspectives. Nous n’acceptons pas que ce pouvoir ait renoncé, idéologiquement, à faire vivre notre principe d’égalité, qu’il continue d’aggraver les inégalités déjà si lourdes de la société française. Je pense à la transmission d’héritage. Je pense au bouclier fiscal. Surtout dans un moment où les efforts à consentir vont peser exclusivement sur les classes moyennes. Nous sommes en désaccord profond avec sa façon d’être. Nous récusons l’ultrapersonalisation du pouvoir, son hégémonie, et sa partialité. La démocratie, c’est le pouvoir pour le peuple, et non pour les amis du pouvoir. Et la démocratie, c’est le pouvoir avec limites et non sans limites. C’est pourquoi, nous soutenons depuis longtemps l’idée d’une République nouvelle, d’une VIème République, qui institutionnalise une séparation réelle des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif, le judiciaire, mais aussi le monde des affaires, et le monde des medias. Un pouvoir qui organise en son sein des contre pouvoirs réels, renforce celui de l’Assemblée en changeant le mode de scrutin pour qu’enfin la France, toute la France, dans ses diversités, soit représentée dans notre Parlement.

Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose.

Nous venons d’horizons divers, mais si nous croyons qu’il y a de l’insupportable dans ce qui se fait aujourd’hui, et qu’un nouveau monde est à dessiner, alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose.

Nous voyons la politique comme un idéal. Nous ne voulons pas sacrifier la fin aux moyens. Nous ne voulons pas de la marchandisation du monde. Nous ne nous résignerons jamais à la croissance des inégalités, entre les Français, entre les peuples européens, comme entre les citoyens du monde. Nous considérons que la politique existe non pas pour être mise au service des puissants, mais des plus fragiles. Nous croyons aux vertus de la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité ». Nous voulons construire une véritable démocratie. Respectueuse, responsable, généreuse, solidaire et durable.

J’ai la conviction que tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir actuel, et croient dans un autre idéal, ont beaucoup à partager. Tous ceux qui n’ont pas renoncé je vais employer le mot le plus rassembleur, à l’idéal républicain, ont à faire ensemble. À construire ensemble cet idéal républicain, non pas comme il a été, mais comme la crise exige qu’on le pense pour demain. À construire ensemble un espoir pour un peuple. Peut-être même un espoir pour un peuple, qui s’adresse aussi aux autres peuples. Ils ont à voir plus large pour aller plus loin.

Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres. S’ils sont les uns contre les autres, dans le dénigrement perpétuel, c’est fini. Non seulement ils ne gagneront pas, mais même l’espoir ne verra jamais le jour. Et même s’ils sont les uns sans les autres, je crains que le résultat soit aussi décevant.

Or il importe au plus haut point que cet espoir voie le jour. Qu’un espoir voie le jour.

Et il y a urgence. Car ce qui va se jouer dans trois ans, ce ne sera pas la question classique d’une alternance entre forces politiques opposées. Ce ne sera pas la couleur de la prochaine Assemblée. Ce ne sera pas non plus la seule question d’inflexion des politiques suivies. Ce ne sera même pas la seule question du changement de Président de la République, et pourtant nous savons tous ça ici que ça compte beaucoup ! Non. Ce sera beaucoup plus que tout cela. La question à laquelle les Français devront répondre portera sur le modèle de société que nous voulons bâtir pour le siècle qui vient, et que nous laisserons à nos enfants, et aux enfants de nos enfants. Ce n’est plus une question pour la politique. C’est une question pour l’histoire. Et nous devons être les pionniers de ce monde nouveau.

Construire ensemble un nouveau modèle de développement plus juste…

Oui, il y a un nouveau modèle de développement à définir.

Nous sommes à la fin d’un cycle. La crise financière, économique et sociale que le monde traverse n’est pas le fruit du hasard. Elle n’est pas un accident, ou un simple dérapage. C’est la conséquence logique d’un système d’ultra financiarisation, où la spéculation financière et l’envie de profits toujours plus importantes, l’ont emporté sur toute autre considération. Les marchés financiers ont imposé une économie virtuelle qui avait peu à voir avec l’économie réelle. La question essentielle est là : sommes-nous du côté de ceux qui veulent, malgré quelques déclarations verbales ci et là, conserver ce système et donc revenir au statu quo d’avant crise – c’est la position du pouvoir en place et de ses amis ou bien voulons-nous changer de système, et construire un nouveau modèle ?

Sur ce point, je suis sûre que nous nous retrouvons : nous avons besoin d’un nouveau modèle de développement. Plus sobre, plus juste, plus durable. Avec de nouvelles formes de production et de consommation. Qui privilégie le long terme sur le court terme dans tous les domaines. Et d’ailleurs l’impôt devrait être là pour ça. Ce qui veut dire que nous avons besoin d’une profonde réforme fiscale. Pour mettre en oeuvre une fiscalité qui, à la fois réduise les inégalités, et accompagne la protection de la planète. Cette fiscalité nouvelle devra favoriser le long terme et les investissements durables, et pénaliser le court terme. Je pense par exemple aux opérations purement spéculatives et sans fondement économique. Et je crois que la réflexion autour de la taxe Tobin n’est pas vaine. Cette taxe sur les transactions financières est un instrument politique à notre disposition pour tenter de changer les comportements des acteurs de la planète finance. Nous devrons nous en saisir.
Comme nous devrons changer les règles en matière d’aides d’État. C’est une honte devoir que les milliards engagés au profit des banques, l’ont été sans aucune contrepartie réelle. C’est une honte de voir encore cet été les bonus accordés aux cadres et aux traders des banques qui ont reçu le soutien financier de l’État, c’est-à-dire, faut-il le rappeler, des contribuables que nous sommes. Oui, nous devrons changer les règles et c’est assez simple : il suffit de décider que, chaque fois que l’État intervient de façon conséquente, ses représentants siègent aux conseils d’administration et peuvent exprimer un droit de veto sur toute décision contraire à la défense de l’intérêt général.

De la même manière, nous ne pouvons pas laisser les hauts revenus augmenter régulièrement, giflant symboliquement le reste des Français, accroissant chaque jour davantage les inégalités, et ce d’autant plus que le pouvoir d’achat des classes moyennes, lui, diminue. Il nous faut donc retrouver le chemin d'autres valeurs et notamment celles du partage et de la solidarité. Nous devrons mettre fin aux salaires abusifs, en les corrigeant par la fiscalité. Comme cela a été fait dans d’autres pays européens. Et même aux États Unis.

… et plus solidaire.

Ce nouveau modèle de développement il devra selon moi être fondé sur la solidarité.

Solidarité entre les générations. Je pense à la question des dettes improductives qui plombent toute marge de manoeuvre, et qui inquiète, à juste titre, de nombreux responsables politiques français, de François Bayrou à François Hollande, Laurent Fabius ou Philippe Seguin.

Je pense aussi à la question des retraites que vous avez abordée hier. Notre population change. Malgré le meilleur taux de natalité d'Europe, nous aurons en 2040 un tiers de la population qui aura plus de 65 ans et une durée de vie moyenne qui se prolongera jusqu'à 89 ans pour les femmes et 84 ans pour les hommes. En moyenne. C'est considérable. Nous devons ouvrir de nouvelles pistes : celle de la retraite par points mérite d’être étudiée. Celle d’un changement de rythme dans la vie professionnelle aussi : commencer à travailler moins, autant que possible, selon les métiers et selon les entreprises, dès l'âge de 55-60 ans et rester, si on le souhaite, après 65 ans, à son rythme, essentiellement afin de former des jeunes, être la mémoire d'une entreprise, d’une association. Enfin, nous devons traiter de la question de la pénibilité dans le travail d’une manière radicalement différente. Une société digne de ce nom ne devrait pas accepter que l’espérance de vie de certains de nos concitoyens soit moindre à cause de leur activité professionnelle. Voilà une réforme pour des démocrates : veiller à ce que, dans un parcours professionnel, un salarié ait un droit reconnu à ne pas exercer un travail pénible tout au long de sa vie.

Solidarité entre générations, enfin, autour de notre patrimoine écologique, l’air que nous respirons et qui nous protège de moins en moins du réchauffement, la terre qui nous nourrit, bien ou mal, selon comme on la traite, l’eau dont la qualité se détériore du fait des comportements humains. Tout le monde le pressent : nos conditions de vie vont considérablement évoluer. Que ce soit sous la contrainte réglementaire consécutive à la lutte contre le changement climatique ou tout simplement en raison du renchérissement inéluctable des énergies fossiles, tout notre système actuel de production et de consommation est au bord d'une révolution inéluctable. Il faut d’ailleurs le vivre comme une chance et non comme une contrainte. Et la future taxe carbone dont on parle beaucoup devra être conçue pour accompagner cette mutation, et surtout pas pour remplacer la Taxe Professionnelle ! C’est une exigence que nous devrions défendre ensemble.

Des comportements nouveaux pour des temps nouveaux.

Bâtir un nouveau modèle de développement, remettre de la justice sociale, lutter contre les inégalités, mieux préparer l’avenir, construire une société juste et équilibrée, tout cela imposera de heurter des intérêts, des habitudes de pensée. Mais c’est moins difficile que d‘accepter que se durcisse encore le monde que l’on construit en notre nom.

C’est dire, mes chers amis, l’importance des rendez vous qui viendront en leur temps.

C’est dire aussi que plus la cause est grande, plus les comportements et les attitudes des politiques engagés que nous sommes devront être à la hauteur.

J’en suis convaincue : les temps appellent des comportements nouveaux. Les enjeux sont tels que nous ne pouvons plus continuer les uns et les autres à nous enfermer dans le jeu d’attitudes stéréotypées, par exemple dans le jeu des alliances anciennes. Le monde change. La vie politique française doit changer aussi.

Les lignes doivent bouger. Nous ne pouvons plus rester immobiles, figés dans nos certitudes respectives, et revendiquer pour l’avenir des stratégies du passé. Qui ne voit le terrible déficit de pensée qui menace la vie publique en France, comme en Europe ?

Nous avons vitalement besoin de renouvellement. Renouvellement des idées, des attitudes, des comportements. C’est pourquoi nous avons beaucoup à faire ensemble.

Aucun d’entre nous, aucun des courants politiques de ce qu’on appelle « opposition », ne peut prétendre nourrir à lui seul cette réflexion, tant elle est vaste, tant elle oblige à des changements de pensée, à tourner le dos aux réflexes d’hier.

Je voudrais faire devant vous l’éloge de ce mouvement, de ce changement, qui consiste à abandonner les réflexes d’hier pour accepter les attitudes de demain. Je vous parle au nom d’une famille politique qui a coupé ses amarres pour rester fidèle à ses valeurs.

Nous l’avons fait. Si je vous disais que c’est facile, vous ne me croiriez pas. C’est difficile, et c’est risqué. Mais c’est vivifiant.

Au fond, il y a deux attitudes possibles : choisir que rien ne change, ou bien accepter le changement, le changement des autres, et le changement pour soi-même.

Mes chers amis, ce que nous avons à construire ensemble est plus grand que ce que nous sommes. Soyons généreux. Soyons altruistes. Nous sommes différents. Mais nous pouvons construire ensemble. S’ouvrir à d’autres. Pour redonner de l’espoir, renouer avec un idéal. C’est comme cela que j’aime la politique.

Merci de m’avoir invitée.

23.08.2009

François Bayrou, la terre, les lettres et l'Elysée

 

51bA0RYb7ML._SS500_.jpgPrésentation de l'éditeur

Fossoyeur de l'UDF pour les uns, porte-drapeau d'un centrisme décomplexé pour les autres, François Bayrou est entré depuis 2007 dans le club très fermé des présidentiables. S'il a perdu en chemin la quasi-totalité de ses compagnons partis faire allégeance à Jacques Chirac puis à Nicolas Sarkozy, il conserve la foi en son destin, puisant ses références chez François Mitterrand avec lequel il a en commun l'amour du terroir et des belles-lettres. Pour comprendre ce personnage dont on connaît surtout les diatribes antisystèmes, Pierre Taribo s'est rendu à Bordères, son village du Béarn. Il nous raconte une famille de paysans pétrie de culture, le petit François qui s'isolait pour lire sur le toit, l'ancien bègue qui a fréquenté le conservatoire de théâtre de Bordeaux. Au fil de nombreux entretiens avec l'auteur, François Bayrou s'est livré sans retenue. Sur ses amis, sur ses adversaires et surtout sur lui-même. De multiples témoignages de proches mais aussi de certains détracteurs qui ont approché la bête politique viennent nourrir cette enquête qui révèle une personnalité contrastée. Plus qu'une biographie de François Bayrou, ce livre est, d'une certaine manière, le roman de sa vie.

Biographie de l'auteur

Pierre Taribo a été directeur de la rédaction et éditorialiste de l'Est Républicain. Il a animé pendant plusieurs années une émission politique sur RTL 9. Il collabore au Nouvel Economiste.

 

19.07.2009

Le rédacteur de l'AlterPrésident prend des vacances

Pour revenir plus offensif en septembre, le rédacteur de l'AlterPrésident prend des vacances.

Comme chaque année depuis 2007, il passera une semaine en terre de Béarn en août, en famille, tout près de chez notre AlterPrésident préféré.

Bonne vacances à tous, en particulier aux militants du MoDem et tout spécialement à notre cher François.

Je nous souhaite repos familial et ressourcement intellectuel après cette année chargée et ces dernières semaines éprouvantes.

Ne nous décourageons pas car malgré nos erreurs, la vérité du pays est de notre côté.

22.06.2009

Congrès à Versailles : un manquement incroyable à des principes

portrait-fb-excoute.jpgLe Président du Mouvement Démocrate, qui a décidé d'écouter le discours du chef de l'Etat lundi devant le Congrès à Versailles, a annoncé qu'il quitterait l'hémicycle au moment du débat parlementaire après le départ de Nicolas Sarkozy. 

"Un Parlement qui représente le peuple ne devrait pas accepter qu'on s'adresse à lui sans qu'il puisse répondre", a déclaré François Bayrou à la presse. 

"C'est un manquement incroyable à des principes. Et que cela se passe à Versailles, cela donne un arrière-plan symbolique : si quelqu'un peut s'adresser au Parlement sans qu'il réponde, c'est un souverain", a ajouté le député des Pyrénées-Atlantiques. 

"Pour la République, cela n'aurait pas dû être accepté. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas voté la réforme constitutionnelle et que je ne prendrai pas la parole dans ce débat", a-t-il conclu.


François Bayrou ne partage pas non plus l'idée des élus socialistes de demander au Premier ministre d'engager sa confiance devant le Parlement après le remaniement avec un discours de politique générale. "Cela n'a pas de sens, le discours de politique générale, c'est ici que nous allons l'avoir", a-t-il rappelé. 

François Bayrou a aussi qualifié "d'incroyable catalogue de campagne électorale" le discours du chef de l'Etat devant le Congrès, dénonçant l'annonce d'un nouvel emprunt. 

"L'annonce d'un nouvel emprunt a quelque chose de surréaliste, parce que de l'emprunt on en fait tous les jours", a-t-il estimé, alors qu'il a écouté sans applaudir le discours du chef de l'Etat dans l'hémicycle. 

"On en est à 140 milliards de déficit annuel annoncés par le ministre des Finances. Où sont les limites dans cette dérive qui semble ne plus avoir de frein ?", s'est-il interrogé. 

"Quand on parle déficit il n'y a pas tant de différences entre les bons, les moyens et les mauvais déficits. Au bout du compte c'est toujours de la dette qu'il faudra qu'on paye", a jugé le Président du Mouvement Démocrate.

12.06.2009

Barroso ne constitue "pas un bon choix"

Bayrou-petit-151007.JPGFrançois Bayrou a été reçu pendant plus d'une heure par le chef de l'État jeudi 11 juin à l'occasion d'une série de consultations avec les chefs de toutes les formations politiques représentés au Parlement européen.

A l'issu d'un entretien "franc et direct" il a déclaré que José Manuel Barroso ne constitue "pas un bon choix" pour la présidence de la Commission européenne : "J'ai dit à Nicolas Sarkozy que selon moi, il fallait changer la direction de l'Europe, les personnes, les idées, l'attitude, le style, la conception même de la fonction" de président de la Commission".

"Je lui ai dit que le président de la Commission sortante n'était pas le bon choix parce qu'il n'avait pas porté une inspiration européenne autonome par rapport à celles des gouvernements, plus avancée, plus ambitieuse comme il aurait fallu.

Sa conception de l'économie est plus ultra-libérale que nécessaire.

Ça nous paraît une nécessité pour l'Europe que de redéfinir le rôle de ceux qui sont chargés en principe de l'entraîner."